UN POING C'EST TOUT !, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur la violence ?

Parler de la violence, vouloir la mettre en scène pour la montrer du doigt, pour qu'on y réfléchisse et s'il se peut permettre au jeune de se positionner contre elle, implique forcément de l'aborder sans le moindre esprit manichéen. Il importe avant tout d'en montrer les racines sociales, familiales, environnementales, non pas tant pour l'excuser, que pour en démonter le mécanisme infernal qui enchaîne celui qui s'en sert et celui qui la subit.

Dans cette pièce, le personnage principal est d'abord victime de la violence parentale, et s'il use lui même de violence, la dramaturgie souligne à quel point, cette violence sert de carapace à ses peurs et à ses incertitudes. Il est signifiant lorsque nous jouons cette pièce dans certains quartiers difficiles de voir l'évolution du public à qui nous la montrons. Dans un premier temps, l'identification au personnage violent se fait comme naturellement, puis devant l'absurdité de cette action,ses conséquences destructrices, la vision humaine et palpable des victimes, les positionnements changent et c'est à qui tentera d'apporter des réponses (parfois les plus radicales) pour tenter d'endiguer une violence qui comme nous l'adit un de nos spectateurs "conduit tout le monde droit dans le mur". Nous ne prétendons pas par cette pièce résoudre les problèmes posés par la violence, mais si une part importante denotre public en arrive à se positionner contre elle, c'est à coup sûr ouvrir la brèche pour qu' un dialogue s'instaure et que des solutions apparaissent.

 

Résumé de la pièce

La violence est multiple. Violence familiale, violence physique, violence verbale et psychologique, nous vivons dans un monde violent dont nous sommes les acteurs. La violence agresse et déstabilise. Que faire pour la canaliser, la comprendre et la transformer ? Laurent est à l'hôpital. Il a été frappé d'un coup de couteau. Il voit sa vie défiler à travers de nombreuses scènes de violence : dans le bus, en classe, avec sa petite amie, ses parents, ses copains…

Les quatre acteurs de la troupe s'expriment dans un langage simple. Les scènes reflètent le vécu du public. Immédiatement assimilées, elles déclenchent des prises de conscience, des réactions, le désir de se positionner face au sujet traité. A savoir : la violence. Le public a immédiatement réagi. Les jeunes ont essayé de trouver des solutions pour lutter contre cette violence de venue insupportable. Invités à venir s'exprimer sur scène, ils sont devenus acteurs de leurs propres suggestions. Les acteurs professionnels improvisent, le jeune libère sa parole sur scène et le public réagit. Le resquilleur dans le bus fait rire, le beau-père qui bat sa femme et son fils beaucoup moins. Dans une scène première, Brahim entre dans le bus sans ticket, répond au contrôleur avec violence. Le même Brahim, dans une scène finale, se transforme en psychiatre qui cherche des solutions pour apaiser les scènes de violences familiale. Ce type de rencontre est très intéressant. Il permet aux jeune de s'exprimer sur des sujets qui les touchent. Même si, comme le souligne un participant "c'est pas en un seul débat que tout va changer. Ca va me faire réfléchir pendant une semaine. Mais en tout cas ça fait du bien…"
Extrait de Mag'jeunes ville de Bezons juin 98.

 

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LA BÊTE QUI NE DORT PAS, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur le racisme ?

Bien qu'on s'en défende, le racisme est un mal dont chacun porte les germes en soi. Caché derrière la paresse intellectuelle, se nourrissant de traditions et de réflexes anciens il n'attend, si l'on n'y prend garde qu'une occasion pour s'exprimer. La peur de l'inconnu, l'agression ressentie face à ce qui ne vous ressemble pas, à ce qui n'est pas identifiable remonte à la nuit des temps. Il est probable que l'ostracisme et donc le racisme s'exprimaient déjà à l'aube de l'humanité par l'hostilité des habitants d'une caverne envers ceux de la caverne voisine. La conscience de ce mal qui nous habite tous loin de nous rendre passifs doit susciter en nous la volonté de l'éradiquer. Cela n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire. Ne pas être raciste implique la capacité d'appréhender l'humanité comme un tout, les cultures comme équivalentes et les modes traditionnels comme l'expression d'un mode de vie adapté à son environnement.

Par ailleurs, une des caractéristiques de ce mal est sa capacité de résistance lorsqu'il s'est déclaré. Il importe donc de le traiter préventivement, non pas tant - bien qu'il en faille - en édictant des lois, mais plutôt en sensibilisant et en éduquant. Face au problème du racisme, on peut aussi déplorer que les responsables ne fassent appel à nous que lorsque les problèmes se sont exacerbés. Il faudrait au contraire que cette prévention, que cette mise en conscience aient lieu avant toute manifestation négative. On aurait ainsi prévenu, éduqué et du même coup éliminé des causes de violences, de mal-être et de repliement sur soi qui sont comme chacun sait les ferments de nombre de maux que nous combattons.

Résumé de la pièce

Le Théâtre du Chaos a voulu mettre à son répertoire une pièce contre le racisme. Ce faisant, il est dans la logique de son travail de prévention des problèmes de société et de santé qu'il traite avec ses autres pièces. Il se pourrait même que "La bête qui ne dort pas" s'inscrive avec plus d'évidence que les autres, dans sa démarche car le racisme lorsqu'il s'exprime génère une partie des mots qu'il veut prévenir.
Dans "La bête qui ne dort pas" nous n'avons pas voulu avoir une approche exacerbée du racisme, nous avons voulu montrer que ce mal s'exprime au quotidien : la logeuse ne loue pas à "des gens qui ne sont pas comme nous" les parents "qui ne sont pas racistes pour deux sous", mais qui n'envisagent pas que leur fille puisse aimer et faire sa vie avec quelqu'un d'une autre couleur ou d'une autre culture. Racisme sociétal aussi par la discrimination au travail et l'attitude ambiguë, voire hostile qui se développe insidieusement dans ce contexte, mais comme le mal est en chacun de nous, les victimes elles - c'est-à-dire le mariage, il ait le bon goût de choisir "une fille de chez nous".

Au fil du débat qui suit la pièce, les spectateurs prennent conscience qu'eux-mêmes ne sont pas indemnes du mal, et que parfois leur méfiance à l'égard de l'habitant de la cité voisine ou du village d'à côté ressemble comme une soeur au racisme que par ailleurs ils condamnent volontiers.

PAROLE DE SINGE, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur l'alcoolisme ?

Face à un public d'adolescents et de jeunes adultes, j'ai voulu dans cette pièce faire réfléchir sur l'alcoolisme parental et donc subi dans la famille, sur l'alcoolisme féminin si spécifique dans son mode de consommation, et sur l'alcoolisation de fin de semaine pratiquée par les jeunes gens eux-mêmes.

Le choix d'aborder l'alcoolisme parental et de le poser, permet aux jeunes qui en sont directement victimes, de le verbaliser et donc d'échapper au sentiment de honte qui souvent les asaille, de découvrir les moyens d'y faire face et parfois d'aider à le résoudre. Il pose aussi, l'alcoolisme comme une véritable toxicomanie pouvant être soignée, et en tout cas justifiant qu'on ait à son égard un maximum d'informations et de prévention.

La consommation occasionnelle de fin de semaine des jeunes est de nature très différente. Sa finalité est de "se casser" et par là, la démarche est très proche d'une prise de drogue ponctuelle. Nous soulignons dans la pièce la multitude de comportements à risques que cette imprégnation alcoolique peut comporter (accident de la route, violence, abus sexuels, voire risques de contracter des maladies sexuellement transmissibles…).

"Parole de singe" aborde tous ces thèmes dans une pièce que nous avons voulue rigoureusement construite, appuyée sur l'expérience d'associations oeuvrant depuis longtemps sur le terrain, et sur des documents émanant des services de santé. A l'expérience, nous avons constaté combien les jeunes sont réceptifs et avides de débattre, alors même qu'une pudeur sociale très marquée les empêche d'en formuler clairement la demande.

Résumé de la pièce

"Fini, juré, je ne boirai plus", cent fois Armand a entendu son père promettre cela à sa mère. De scènes de ménages en violence, la désagrégation familiale s'accroît, bien qu'André oscille sans cesse entre les tentations et la volonté de s'en sortir.
Il sera peut être aidé par Mélanie, qui pour l'avoir vécu et s'en être sortie sait jusqu'où peut aller l'alcoolisme au féminin.

Armand, le fils d'André voit autour de lui ses camarades "se casser", comme ils disent dans des beuveries de week-end où sous l'emprise de l'alcool le pire peut s'accomplir et tous les risques se concrétiser…

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VOIX SANS ISSUE, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur le tabagisme?

Parler du tabagisme chez les jeunes, c'est illustrer en négatif la publicité, par ailleurs louable, faite à l'initiative de l'Etat ou d'organismes spécialisés contre la consommation du tabac. Aujourd'hui nul ne s'aviserait de prétendre que la consommation de tabac n'est pas nocive, et porteuse à terme de maladies graves, voire mortelles. Mais une part importante des jeunes perçoit ce danger lointain, comme une abstraction hypothétique. Il apparaît que la projection d'un mal pouvant survenir trente ou quarante ans après le début de l'usage, suscite difficilement un sentiment de crainte, voire de danger.
Il est déjà difficile à cette population de se projeter cinq ou dix ans en avant. Aussi les risques plus lointains ne sont que des hypothèses floues qui ne les concernent pas vraiment.

Bien qu'on ait souligné la plus grande fragilité de la femme face au tabagisme, et les incidences que celui ci avait sur les enfants à naître, les filles qui fument sont de plus en plus nombreuses et les garçons qui fument le font plus régulièrement et en quantité plus importante que précédemment.
Avec "Voix sans issue", nous échappons à l'abstraction en montrant les ravages du tabagisme sur un être aimé (le père), et les risques pris par une jeune femme enceinte, guère plus âgée que le public auquel nous nous adressons. Cette vision concrète du mal permet au jeune spectateur d'identifier le risque en lui donnant un visage et en l'intégrant sans difficultés à son environnement affectif immédiat et donc à lui même.

Combattre le tabagisme auprès des jeunes implique donc que l'on soit aussi "réel" que possible, et fortement ancré dans leur quotidien. L'expérience nous a montré que la cible était souvent atteinte, car ceux qui ne fument pas (ou pas encore) sont saisis durant la pièce par une sorte de suffocation qui les conforte dans leur décision de ne pas fumer, et renforce leur désir d'aider ceux qui fument à se libérer de leur dépendance. Quand à ceux qui fument, le débat illustre leur forte demande de connaître les méthodes et les centres d'accueil où l'on pourra les aider à se libérer du tabac.

Résumé de la pièce

Malgré l'interdiction, Igor et Isa fument à l'intérieur de l'établissement scolaire. Cela provoque une dispute entre eux et Florence , qui non seulement ne supporte pas la fumée, mais s'indigne qu'ils aient incité Kalid à fumer sa première cigarette "pour voir, et parce qu'on ne peut prendre une décision qu'après avoir essayé".
Florence va voir son amie Vanessa, qui attend un enfant et qui malgré cela ne peut s'empêcher de fumer. Les deux amies parlent des risques que cela comporte pour la mère et pour l'enfant.
Florence est amenée à parler de son père qui doit subir une intervention chirurgicale à la suite de ses longues années de tabagisme. Les deux amies se séparent sur la décision difficile de Vanessa de tenter d'arrêter de fumer en se faisant aider dans un centre spécialisé.

Isa vient se plaindre à Igor d'une énième dispute avec Florence qui l'a surprise en train de fumer dans la bibliothèque. Igor informe Isa des problèmes de santé du père de Florence. L'attitude des deux jeunes gens à l'égard de Florence s'en trouve modifiée, mais Florence refuse de limiter le débat à son père et l'élargit au tabagisme en général. Devant le scepticisme de ses amis, elle en appelle à son père, qui simplement, sans esprit moralisateur explique son cheminement et les conséquences redoutables que le tabagisme a pour lui maintenant. Cette scène leur rend les dangers du tabac plus concrets, mais leur décision personnelle reste en suspens…

LA TRÉBUCHADE, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur la polyconsommation ?

Si l'on veut coller au plus près de la réalité, il ne suffit pas de faire de la prévention
sur la consommation des produits. Certes, il existe une population usant et abusant
exclusivement du tabac, de l'alcool et des drogues, et on alertera jamais trop le public des adolescents et des jeunes adultes sur les risques majeurs que ces produits comportent. Mais moins ciblée, une frange importante des jeunes pratique occasionnellement la polyconsommation. Il n'est pas rare qu'au cours d'une soirée l'alcool se conjugue à certains produits, aggravant et multipliant les comportements à risques sans même parler des problèmes physiques parfois tragiques, que ces mélanges impliquent.

Dans "La Trébuchade" nous insistons fortement sur les risques induits par la polyconsommation occasionnelle: violences de toutes sortes, accident de la route, traumatismes divers. Il est évident que cette pièce est complémentaire de celles où nous traitons de la toxicomanie, de l'alcoolisme et du tabagisme, car si les unes abordent le sujet sur le fond, "La Trébuchade" souligne les risques des comportements d'usage, d'abus pouvant en outre conduire à de réelles dépendances. Nous avons essayé de coller sans complaisance, mais aussi sans timidité à des réalités où peu ou prou nombre de jeunes peuvent se reconnaître. Notre propos est de leur faire mesurer le danger de tels comportements. La consommation zéro n'existe pas. Il importe donc que chacun connaisse cette ligne à ne pas franchir, où les risques encourus dépassent et de loin, les plaisirs fugaces que l'on peut rencontrer.

Résumé de la pièce

En scènes courtes se trouvent abordés : l'abus de médicaments, le tabagisme et l'alcoolisme occasionnel visant essentiellement à "se casser".
Pascal, avec une belle inconscience, fourni les copains en produits illicites parfois frôlatés.
Max mélange hardiment, cigarette et alcool avant d'enfourcher sa moto.
Nadia se désespère d'une aventure lourde de conséquences, alors même que, sous
l'effet de l'alcool et de "cachets", elle ne garde qu'un souvenir confus de ce qui s'est passé.
Lors de la fête de fin de semaine, où alcool et "produits" se consomment en excès,
Antoine ramène Céline chez elle, mais il eut mieux valu, dans l'état où il était qu'il
évitât de conduire…

UNE LIGNE D'ENFER, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur la toxicomanie ?

Quelque soit le sujet traité, informer, prévenir et aider les jeunes à se positionner suppose non seulement une documentation rigoureuse mais aussi de nombreux entretiens avec eux, pour cerner les connaissances réelles, les manques et les idées fausses. Au risque d'agacer, cela suppose aussi le refus de se conformer à un "discours officiel" si celui ci est perçu comme exagéré ou fallacieux. Sinon, c'est l'ensemble de l'information qui sera entachée de suspicion et refusée dans sa totalité.
Dans "Une Ligne d'Enfer" le positionnement contre le cannabis est net. Non pas comme une drogue dangereuse, mais comme pouvant révéler voire instaurer une fragilité psychologique et un réflexe de fuite, qui lui est potentiellement dangereux.

A l'inverse nous insistons fortement sur l'ecstasy, sur ses risques et sa nocivité. En effet l'ecstasy se répand en raison de son prix relativement modeste, des facilités pour s'en procurer dans les lieux festifs, de son mode d'utilisation, et des vertus conviviales qu'on lui prête. Il y a donc face à cette drogue, une forte information à faire passer. Nous montrons les risques cardiaques et artériels, rares certes, mais bien réels qu'elle comporte dès la première utilisation. Nous parlons des ravages cérébraux (mémoire, altération du caractère etc…) lents mais inéluctables. Bref ! Nous faisons ce qui nous semble urgent : démysthifier l'ecstasy et les acides en général et prévenir contre eux.

Pour les drogues dites "dures", le réflexe de peur est relativement bien ancré dans les esprits. C'est pourquoi nous soulignons surtout les risques comportementaux : le prises par curiosité "pour voir" ou parce que "pour une fois on ne peut pas être dépendant". Nous montrons aussi la destruction physique, psychologique, sociale et affective qu'induit généralement cette sorte de toxicomanie. Comme pour nombre de problèmes de Société, la lutte contre la toxicomanie sera d'autant plus efficace que le travail de prévention l'aura été. Nous n'avons pas d'autres prétentions que d'apporter notre modeste contribution à ce combat.

Résumé de la pièce

Le comportement de Julien a changé, ce qui inquiète ses amis et surtout Farid son meilleur copain et Cathy, sa petite amie. Certes Farid a toujours pensé que Julien fumait trop de hasch. "Quand on fume des tiges les unes derrière les autres, on finit par être complètement déconnecté… Je dis que si on plane tout le temps, si c'est un besoin, c'est que ça va pas fort dans sa tête… Peut être même qu'un jour, ca ne lui suffira plus". Mais pour l'instant ce qui préoccupe ses amis, c'est l'agressivité de Julien et sa quête éperdue d'argent, dont personne ne sait ce qu'il fait.
Au cours d'une soirée, Julien "plane" et pousse Cathy a prendre de l'ecstasy qui selon lui est sans danger, conviviale etc.. Cathy refuse, mais Lucie se laisse tenter au grand scandale de Farid, qui, à la surprise de tous, raconte que l'ecstasy a bien failli le tuer d'une crise cardiaque "… et crois moi, dans ces moments là, tu ne lui trouves plus rien de convivial à cette saloperie! J'parle même pas des quelques uns qui en crèvent tout de suite, ou qui comme moi font une grosse réaction, mais de tout le monde, de ceux qui sont sûrs que ça craint rien, que c'est sans danger, alors que le réalité est bien différente".

Julien continue sa "descente en enfer" il en est maintenant aux drogues dures.
Bernard, le dealer l'exploite jusqu'à la délinquance, jusqu'à vouloir sacrifier Cathy. Julien a perdu tout respect de lui-même, et des autres… A sa sortie de prison, aidé par Farid et Cathy, il tente de s'en sortir et veut aller dans un centre prendre de la méthadone… mais ça n'est pas si facile… d'autant que Bernard sait tenter son monde…

LES YEUX GRANDS OUVERTS, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur le Sida ?

En mettant en situation un élément sain amoureux d'un élément séropositif, nous avons pu traiter les aspects qui nous semblent essentiels :

La nécessité permanente de la protection

Par l'élément séropositif oser les limites actuelles de la thérapie, mais en soulignant qu'un porteur a droit à un avenir, non pas dans l'isolement, le silence et la ghettoïsation, mais avec l'être de son choix, pourvu que cela se passe "Les yeux grands ouverts" c'est à dire dans la franchise et la responsabilisation.

Souligner par les réactions du groupe, les peurs et les rejets pulsionnels de tout le monde face à ce qui est porteur de mort, corrigés fort heureusement par la lucidité, la sensibilité et l'intelligence, ce qui permet d'avoir conscience de ce que ce rejet induit comme mise à l'écart absurde, injuste et inacceptable.

La pièce amène le spectateur à prendre conscience du problème humain, mais aussi et peut être surtout à réaliser que la prévention et la lutte contre cette maladie impliquent de savoir accepter sa présence parmi nous. Nous croyons en effet que refuser les porteurs du Sida, c'est prôner inconsciemment que la maladie est pour les autres et donc relativiser pour soi la nécessité de se protéger.

Ainsi, l'énorme progrès de la trithérapie et la présentation parfois dithyrambique qu'on en a fait, a pu laisser croire à certains que le Sida était vaincu ou pour le moins maîtrisé, avec pour corollaire la tentation de relativiser les risques et donc de faire oublier l'impérieuse nécessité de se protéger.

Avec "Les yeux grands ouverts" nous traitons de la prévention, de l'information sur les thérapies, des réactions sociales face aux séropositifs en rappelant qu'ils sont à part égale dans notre société et qu'ils peuvent comme nous tous prétendre à une vie sociale et affective.

Résumé de la pièce

Yann et Laura s'avouent leur amour. Yann confesse à Laura qu'il est séropositif et qu'en conséquence, il ne veut pas s'engager. Il se laisse pourtant convaincre par Laura et ils décident de s'aimer "les yeux grands ouverts".

Au grand scandale de Laura, Marie, sa meilleure amie, par insouciance et par ignorance multiplie les comportements à risque. Laura fait la confidence à Marie de la séropositivité de Yann. Dans le petit groupe d'amis, les comportements se modifient, laissant apparaître les fausses idées et les peurs sans fondement…


L'EFFILOCHE, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur le suicide ?

Parmi tous les sujets de société, le suicide est sans doute celui où la technique du théâtre interactif s'impose à l'évidence. En effet, toutes les études faites auprès des jeunes, soulignent certes l'importance de leur demande, mais aussi l'impossibilité d'en
parler dans leur entourage quotidien.

Le sujet demeure tabou dans le milieu familial et même entre eux, le silence prévaut dès qu'il s'agit de dire ses difficultés et son mal de vivre. Tous affirment qu'il leur serait plus facile d'en parler à quelqu'un d'extérieur. Dans le théâtre interactif, ce qu'on donne à voir et à entendre colle à la réalité mais l'écran des personnages rend la prise de parole possible et la libère en la dissociant du "je" redouté par l'implication directe qu'il impose.

Faire comprendre à ceux qui sont dans la souffrance qu'ils peuvent en parler et attendre une aide sans se voir rejetés dans l'anormalité ou la folie, faire sentir à tout un chacun que l'écoute, l'attention à l'autre peuvent empêcher le passage à l'acte et que si celui-ci survient dans son entourage, la culpabilisation doit s'effacer devant la volonté d'agir. Le monde actuel est porteur de stress et d'angoisses. Parmi beaucoup d'autres, la pression des études, l'angoisse d'un avenir incertain concourent à remplir la coupe amère du suicide. En parler, savoir qu'on peut agir sur lui, ça n'est pas seulement faire preuve de lucidité et de courage, c'est donner des chances supplémentaires à la vie.

Résumé de la pièce

Muriel est une jeune fille agréable, sociable et aimée de tous même si certains la trouvent un peu secrète.
Muriel n'a qu'une idée : passer son bac. C'est une "bûcheuse" qui perd facilement ses moyens et s'affecte pour une note un peu moins bonne.
La classe a deux jours de contrôles et Muriel n'est pas du tout contente de cette première journée et veut travailler pour préparer les sujets du lendemain. Mais Patrice, son petit ami, veut qu'ils aillent ensemble à une soirée entre copains. Elle refuse. Le ton monte, les amis s'en mêlent et par taquinerie, le mots fusent "nulle, lâcheuse"… Patrice insiste, ils se disputent et se quittent fâchés.
Le lendemain, le copains apprennent que Muriel est hospitalisée pour une tentative de suicide.

Patrice et le groupe de la veille sont stupéfaits et se sentent coupables. Au début, tous déclarent ne pas comprendre son geste. Puis lentement la parole se délie. Un des garçons, Michel, qui passe pourtant pour le "bon vivant" de la bande, avoue penser au suicide par peur de rester chômeur comme son frère pendant de longues années, d'autres expriment leur malaise. Tous réalisent qu'ils manquent d'attention à l'autre…

LA DOUBLURE, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur la prostitution ?

Parce que la prostitution est sans doute le seul tabou social que nombre de gens résolvent par l'acceptation ou par le rire, parce que les clichés absurdes sur le mal nécessaire et le plus vieux métier du monde continuent de faire florès et que l'aveuglement plus ou moins volontaire des adultes se perpétue par une sous-information des plus jeunes, parce qu'il est plus que temps de dire et de faire comprendre que cet esclavage qui se déroule sous nos yeux, n'est pas moins indigne et ne mérite pas moins d'être combattu que l'exploitation sexuelle des enfants des pays du tiers monde. La (ou le) prostitué(e) n'a pas choisi de l'être, même et surtout si parfois elle le proclame haut et fort. La prostitution est un meurtre lent comme aboutissement de traumatismes, de souffrances affectives, physiques, psychologiques qui se conjuguent souvent - mais pas toujours - avec des problèmes économiques.

La prostitution (et corollaire logique le proxénétisme) est diverse et complexe. Nous ne prétendons pas en montrer tous les aspects, mais seulement offrir un outil de réflexion et de positionnement. Si la prostitution est la quintessence de nos maux sociaux, elle ne pourra se résorber et disparaître que par la prise de conscience et la lutte de tous. Par ce spectacle de théâtre interactif, nous voulons que les jeunes placent le problème de la prostitution sur le même plan que celui de la drogue, c'est à dire comme un mal inacceptable dans un monde qui se targue d'être celui de la liberté et des droits de l'Homme. Nous voulons qu'ils saisissent la responsabilité objective du "client" et la passivité presque complice de toute la société. Donner à voir, à réfléchir, à agir sur la prostitution, c'est la rendre moins acceptable aujourd'hui et peut être impensable demain. Utopie, nous direz-vous ? Tant mieux ! Nous l'avons déjà dit et écrit : nous sommes des utopistes actifs, car nous croyons que les utopies d'aujourd'hui seront les réalités de demain.

Résumé de la pièce

Un square. Assise sur un banc, Mélissa pleure. Après une dispute plus dure que les autres avec ses parents, elle a fugué. Après avoir longtemps marché, elle est là, sur ce banc désemparée, avec seulement quelques francs en poche. Une femme mure, Maria, s'assoit près d'elle, lui parle, et, sensible à sa gentillesse, la jeune fille se confie. Maria propose de l'héberger pendant quelques jours, le temps de s'organiser. Mélissa accepte. Maria vit avec son fils, Bruno, un homme à l'aspect sympathique, d'une trentaine d'années. Maria et Bruno sont gentils avec Mélissa. Bruno, plein d'attention envers la jeune fille, lui offre des cadeaux, la sort au restaurant, en boîte. Mélissa en tombe très vite amoureuse et Maria se fait complice de leur idylle. Pour Mélissa la vie est douce, belle, et sa tête pleine de projets d'avenir.

Mais le comportement de Bruno change. Il est soucieux, irritable, taciturne. Mélissa s'en inquiète et l'interroge. Bruno lui avoue qu'il s'est endetté auprès de gens douteux pour monter ce qu'il croyait être une bonne affaire, que tout a raté, que l'argent est dépensé et que, s'il ne rembourse pas très vite au moins une partie de la somme, il risque de gros ennuis. Mélissa est désemparée et ne sait comment aider Bruno. Après avoir réfléchi, Bruno lui parle de Serge, le patron de la boîte qui, lors d'une soirée avait manifesté un grand intérêt pour Mélissa. "Il est riche et si tu étais un peu gentille avec lui, il consentirait sûrement à m'aider". Au début, indignée, Mélissa refuse, mais sous la pression de Maria qui trouve que "quand on aime, rien n'est inacceptable", puis devant la décision de Bruno de fuir, Mélissa accepte.

SI JE VOUS ENTENDS BIEN, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur la citoyenneté à l'école ?

Parler de la violence, vouloir la mettre en scène pour la montrer du doigt, pour qu'on y réfléchisse et s'il sepeut permettre au jeune de se positionner contre elle, implique forcément de l'aborder sans le moindre esprit manichéen. Il importe avant tout d'en
montrer les racines sociales, familiales, environnementales, non pas tant pour l'excuser, que pour en démonter le mécanisme infernal qui enchaîne celui qui s'en sert et celui qui la subit.

Dans cette pièce, le personnage principal est d'abord victime de la violence parentale, et s'il use lui même de violence, la dramaturgie souligne à quel point, cette violence sert de carapace à ses peurs et à ses incertitudes. Il est signifiant lorsque nous jouons cette pièce dans certains quartiers difficiles de voir l'évolution du public à qui nous la montrons. Dans un premier temps, l'identification au personnage violent se fait comme naturellement, puis devant l'absurdité de cette action, ses conséquences destructrices, la vision humaine et palpable des victimes, les positionnements changent et c'est à qui tentera d'apporter des réponses (parfois les plus radicales) pour tenterd'endiguer une violence qui comme nous l'adit un de nos spectateurs "conduit tout le monde droit dans le mur". Nous ne prétendons pas par cette pièce résoudre les problèmes posés par la violence, mais si une part importante de notre public en arrive à se positionner contre elle, c'est à coup sûr ouvrir la brèche pour qu' un dialogue s'instaure et que des solutions apparaissent…

Résumé de la pièce

A la demande des élèves, un professeur accepte que les candidats à la fonction de délégué de classe se présentent successivement.
Benoît, imite ce qu'il croit être le comportement d'un homme politique en campagne, promettant tout et son contraire, et démontre, malgré lui, que ses motivations sont personnelles et vaniteuses. Tout son discours atteste qu'il ignore le rôle réel de délégué de classe. Tania, féministe convaincue, ne veut que le vote des filles et ne représenter qu'elles. Mélie, candidate un peu malgré elle, définit précisément quel sera son rôle et avertit par avance que l'exercice de sa fonction impliquera la participation de tous.

Mélie est élue. On la voit se débattre pour organiser une réunion de classe, nombre d'élèves trouvant mille raisons plus ou moins fondées pour se défiler. La réunion de classe a lieu. Il s'agit de parler d'un problème avec un enseignant. Mélie est pour un entretien avec celui-ci et avec le professeur principal de la classe. Mais la majorité des élèves vote pour que le problème soit posé en conseil de classe. Bien qu'elle soit d'un avis contraire, Mélie confirme qu'elle exécutera la décision de ses mandants.
Au conseil de classe, malgré la sympathie du professeur principal et les propos modérateurs du proviseur, la séance donne lieu à des échanges assez vifs entre Mélie et une professeur qui lui reproche d'outrepasser son rôle. Mais Mélie finalement représente bien les positions de sa classe et intervient pour expliquer quelques cas difficiles.

Lentement la classe, et par contagion l'ensemble des élèves, sont devenus plus impliqués, plus actifs. Il existe désormais un club théâtre et un journal du lycée, mais certains élèves ont du mal à se plier aux règles de la démocratie…

CITÉ PARTENAIRE, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur la citoyenneté dans la ville ?

L'implication du jeune adulte dans la vie de la cité est parfois d'autant plus difficile que celle-ci se heurte à des problèmes socio-économiques, culturels, voire ethniques.
Que cela soit formulé ou non, tous pourtant se voudraient citoyens ou pour le moins partie prenante dans leur environnement immédiat. Encore faut-il que ces jeunes adultes aient conscience qu'une prise est possible et que les décideurs et les structures de la commune soient ouvertes à leurs démarches.

Nombre de difficultés ou de troubles ponctuels ont pour origine parmi d'autres raisons (chômage, guettoïsation, etc…), le sentiment de n'avoir aucun impact sur ce qui les concerne au premier chef. En raison de leur âge et d'un cursus scolaire souvent insatisfaisant voire chaotique, les jeunes ont tendance au repliement, au refus, persuadés que le seul terrain de dialogue possible est auprès de leurs pairs et que nulle part ailleurs on ne fera l'effort de les entendre. Ceci instaure un malentendu car il y a souvent chez les responsables des municipalités, un désir de dialogue, mais les bases et les modalités de cet échange trouvent rarement leur point de rencontre et chacun se conforte dans la méfiance de l'autre.

Avec "Cité Partenaire", nous donnons à voir le cheminement d'un jeune français fils d'immigrés, qui, d'abord isolé dans sa cité, prend conscience que pour avoir prise sur la réalité, une organisation est nécessaire, sous peine de n'être ni entendu, ni compris. Il crée donc une association de quartier, qui d'abord mal perçue, finit par convaincre les gens de la cité comme les responsables municipaux, que cette association peut être une passerelle à partir de laquelle la reconnaissance de l'autre, puis le dialogue deviennent possibles.

Progressivement, l'univers de ces jeunes déborde leur environnement immédiat et leur implication dans la vie de leur ville se fait plus réaliste et plus prégnante, avec ce que cela comporte d'obligations et de respect, mais aussi de reconnaissance et de droits.
Les uns cessent de les appréhender comme de redoutables loubards et les autres découvrent que le monde dans son ensemble ne leur est pas forcément hostile. Ce sujet difficile se veut sans manichéisme. Il n'y a pas les bons d'un côté et les mauvais de l'autre, mais seulement une barricade de préjugés et d'appréhensions réciproques, qui si elle n'est détruite, interdit tout partage. Le Théâtre du chaos, est fier d'avoir inscrit cette pièce à son répertoire, car nous croyons fermement que l'isolement engendre la haine et avec elle, toutes les dérives. La richesse du débat qui s'instaure lorsque nous jouons cette pièce, démontre à l'évidence son utilité. Nous espérons aussi que parfois elle serve de point de départ à une prise de conscience et donc à un cheminement positif.

Résumé de la pièce

Laure, Rémi et Sam assistent désolés au désœuvrement des jeunes de la cité et aux déprédations auxquelles ils se livrent comme exutoire à leur mal être. Malgré l'ironie ou les réticences de certains de ses amis, Sam décide de créer une association capable de fédérer les habitants de la cité pour que les besoins de ces habitants soient pris en compte et plus généralement pour faire de ce lieu habituellement dénigré, une part intégrante de leur ville. Non sans difficultés l'association se structure et l'échange avec les autorités locales s'instaure. D'abord méfiante et craignant que l'initiative de Sam n'ait d'autre but que la contestation et le dénigrement, elles finissent par s'associer à la démarche. Certes, tous les personnages ne réagissent pas à l'unisson.

Certains poussent leur méfiance jusqu'à l'hostilité, semblables en cela aux différents éléments de la ville même. Mais lentement, chacun mesure que cette implication et les actions qu'elle induit sont profitables à tous. Les jeunes et les moins jeunes qui se croyaient dans la marge, et qui sans doute l'étaient par absence d'échange et d'initiative, se découvrent partenaires de leur ville.
Leur action modifie le regard que la ville portait sur eux, mais aussi l'idée manichéenne qu'ils s'en faisaient. Sans que ce soit facile ni idyllique, chacun prend sa place et la revendique toute entière dans le partage et le respect d'autrui.

TOUT L'AMOUR DU MONDE, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur les relations garçons / filles ?

Compte-tenu des bouleversements physiques et psychologiques induits par l'adolescence les relations garçons/filles posent un certain nombre de problèmes qui peuvent être porteurs d'abord d'agressivité puis d'une incompréhension de l'autre sexe pouvant nuire à l'ambiance d'un collège ou d'un lycée. Cette réalité n'est pas vécue consciemment. Au collège les garçons vont développer une agressivité vis à vis des filles qui n'est que la manifestation inconsciente de la distorsion entre leur peur de l'inconnu et leur attirance naturelle. Au lycée les relations sont d'apparence plus apaisées même si l'incompréhension entre garçons et filles perdure et débouche sur des conflits ou pour le moins sur des souffrances. Cette pièce montre de façon concrète ces comportements et permet la discussion qui donnera une plus grande conscience de l'autre et l'intégration d'un respect mutuel capable d'instaurer des relations plus vraies.

Résumé de la pièce

Léo est au collège. Il est amoureux de Morgane, mais dans l'impossibilité d'exprimer ses sentiments, il va la malmener avec la complicité de ses copains tout en déclarant que c'est juste pour s'amuser sans prendre conscience de la gravité de la situation et des répercussions sur la santé psychique de Morgane et la réalité de sa souffrance. Lauriane et Djamel, deux lycéens lui viennent en aide en lui conseillant d'en parler à un adulte de son entourage. Quant à Léo, sermonné par Djamel il botte en touche.

Farah a rendez-vous avec Yannick, ce couple de jeunes plus âgés pose la problématique de la première fois et de la demande de la jeune fille d'attendre qu'elle soit prête. Mais Yannick ayant plutôt un comportement de consommateur et de collectionneur n'est pas de cet avis.

Pendant de temps une idylle nait entre Lauriane et Djamel dans le respect de l'un et de l'autre.

Chloé est plutôt à l'aise avec son corps et sa sexualité, mais elle refuse de passer pour une fille facile que les garçons ont vite fait de ne pas respecter. Yannick qui a une une aventure avec elle à la suite d'une soirée bien arrosée où il a joué un rôle majeur dans l'état d'ébriété de Chloé raconte tous les détails de leur relation à ses potes.

La pièce relatent également par les échanges entre les jeunes le rapport à l'inégalité des hommes et des femmes dans la société.

UN VIRAGE DE TROP, de Georges de Cagliari

Pourquoi une pièce sur la sécurité routière ?

Les risques induits par la circulation routière sont difficiles à faire appréhender aux adolescents car à cet âge, savoir le risque n'implique pas la conscience d'une mise en danger parfois fatale pour soi et les autres.
A longueur de télévision et de presse, les jeunes entendent parler d'accidents, de catastrophes diverses ayant pour cadre la circulation routière. Mais dans l'action, cela ne se traduit pas par la conscience que leur attitude personnelle est elle-même dangereuse ou pour le moins inadaptée. Par ailleurs, même s'il y a conscience, celle-ci s'inscrit difficilement dans un contexte de sociabilisation où le risque que l'on génère peut être aussi nuisible aux autres.

 

Résumé de la pièce
Dans "Un virage de trop ", tous les aspects liés à la circulation routière et aux comportements qu'elle implique sont évoqués successivement. L'objectif est de faire prendre conscience qu'un comportement imprudent en vélo n'est pas moins irresponsable qu'une attitude désinvolte en voiture.

Le but de cette pièce est de mettre constamment en parallèle les attitudes inadéquates du jeune utilisateur mais aussi de les replacer dans un contexte juridique (code de la route), lequel n'apparaît plus comme une contrainte mais comme la condition nécessaire à sa propre protection et à celle des autres. Successivement, la conduite en deux roues est évoquée (casque, lumière, vêtements adaptés, bruits excessifs, etc) pour aller ensuite vers l'automobile, objet de rêve et de liberté mais combien redoutable si son usage n'est pas pondéré par un minimum de sagesse, de connaissance des risques et des règles essentielles qu'il implique. Dans la pièce, il est fait une place importante à l'utilisation illégale de la voiture (emprunt, conduite sans permis, délit de fuite, etc), tant il est vrai que l'absence de conscience sociale et la réduction d'un véhicule à un objet simplement ludique, peut amener à des actes graves pouvant peser durablement sur toute une vie.

L'alcool au volant, l'excitation dangereuse d'un groupe pour le conducteur capitaine de soirée à la sortie d'une fête, mais aussi l'usage de drogues dites douces, sont autant d'aspects que la pièce souligne pour amener le spectateur à mesurer les risques et à modifier ses comportements ultérieurs.

Dans une dramaturgie volontairement ludique pour ne pas rebuter par un côté moralisateur, le code de la route et plus généralement les règles de conduite et de comportement sont ainsi passés en revue pour amener le jeune à réfléchir au fait que si l'usage d'un véhicule est un merveilleux facteur de liberté, l'essentiel est de respecter sa vie et celle des autres.